Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 00:20

L'évolution du monde détermine, dans une large mesure, notre propre devenir. Depuis 1830,  l’Algérie est insérée dans le système économique international à l'intérieur duquel les relations sont soumises au principe de la concurrence. La compétition est un aiguillon du progrès mais aussi cause de destructions et de dominations.

Effondrement des régimes communistes

La chute du mur de Berlin a bouleversé les équilibres politiques internationaux fondés sur la division du monde en deux blocs. Elle annonce, également, la fin des illusions entretenues par les modèles étatistes de libération humaine et met en évidence la nécessité de penser autrement l'utopie progressiste.

L’effondrement des pays de l’Est a pour origine l’inadaptation de leur système politico-économique aux exigences de la compétition internationale alors que montent les aspirations de leurs populations au bien-être dans la liberté. C’est l'étouffement des aspirations et initiatives individuelles par le caractère centralisé et bureaucratique du mode d’organisation étatiste qui explique l’incurie de ces régimes. Leur fonctionnement se traduisait par un gaspillage des ressources humaines et matérielles inadmissible dans le monde actuel.

Crise de langueur économique à l'Ouest

L'effondrement du modèle étatiste ne signifie nullement que le libéralisme soit la panacée. Depuis le début du siècle, pratiquement aucun pays du Sud de la planète n'est parvenu à rejoindre le cortège des nations développées en se conformant à un tel modèle. Dans les pays du Nord eux-mêmes, la régulation de l'économie n'est plus spontanée mais assurée conjointement par le marché, l'Etat et une multitude d'institutions intermédiaires allant des syndicats salariés ou patronaux aux médias, aux organisations des consommateurs…

Avec les années soixante-dix, les économies occidentales connaissent des difficultés qu'elles ne parviennent pas à dépasser. Difficultés visibles dans le ralentissement de la croissance,  les gâchis des restructurations industrielles permanentes et coûteuses, la dégradation du climat social, l'exacerbation de la compétition, de la guerre économique entre les capitaux, entre les nations, entre les ensembles économiques régionaux.

La  crise a ouvert le débat sur le contenu des nouvelles transformations structurelles du système pouvant maintenir la cohésion des sociétés et entretenir l'espoir de voir les conditions de vie de tous s'améliorer.

Nouvel essor des sciences et techniques

L'humanité est à la veille d'une nouvelle révolution technique qui bouleversera nos conditions de travail et de vie.  Une telle révolution est portée par les avancées scientifiques et technologiques dans des domaines divers, particulièrement dans la communication, l'électronique, l'informatique, la robotique, les biotechnologies, la production de nouveaux matériaux.

Il en résultera une démultiplication des capacités productives sociales, une diminution irréversible des besoins de l'économie en travail manuel et en travail intellectuel élémentaire ; ces fonctions seront, désormais, de plus en plus assurées par les machines. La nature et la forme du travail humain en seront bouleversées. Les façons actuelles selon lesquelles les gens utilisent leur temps, leurs modes de vie et de travail, en seront totalement modifiés.

Ces transformations demandent d'énormes dépenses en capital et pour  améliorer, adapter la qualification des travailleurs. Même dans les nations les plus avancées, les structures économiques et sociales ne semblent pas prêtes à assumer un projet d'une ampleur aussi grande alors qu'il paraît désormais nécessaire pour ouvrir à l'humanité de nouvelles perspectives d'emploi.

Nouveaux rapports de forces internationaux

La tendance à l'internationalisation et à la transnationalisation du capital se développe, approfondissant l'interdépendance entre les populations, révélant encore plus l'unité du monde et du genre humain, accélérant la communication - et l'affrontement - entre les cultures. De moins en moins d'Etats nationaux pourront maîtriser les processus économiques qui se déroulent sur leurs territoires. La demande d'une régulation internationale plus « consciente » se fait pressante. La définition de coopérations stratégiques entre nations, en particulier l'émergence d'ensembles régionaux de plus en plus importants, paraissent irrésistibles.

Loin de disparaître, les compétitions et confrontations connaîtront de nouvelles formes : recul des affrontements armés entre grandes puissances - et leur transfert au Sud ou entre Nord et Sud - et nouvel essor de la guerre économique entre les transnationales adossées aux trois grands pôles de domination planétaire que sont les USA, l'Europe et le couple Japon-Chine. Les solidarités à l’intérieur du bloc des pays occidentaux semblent s’affaiblir avec la disparition de l'ensemble communiste ennemi qui cimentait leur unité ;  de nouvelles poussées des rivalités liées aux tentatives non coordonnées de sortie de la crise pourront difficilement être contrôlées. Pour maintenir les privilèges liés à leur domination planétaire, les USA se font les gendarmes du monde et cherchent à soumettre son évolution à leurs propres intérêts ; mais leur leadership est désormais fortement contesté.

En perdant sa cohésion, l'ancien bloc de l'Est voit la plupart des pays qui le composaient traverser des crises aux conséquences internationales non négligeables. La dissémination des armes de destruction massive n'en sera pas des moindres. Alors que le marché mondial trouve de grandes difficultés à s'élargir, chacun des pays de cette région cherche à y occuper une place, la plus favorable possible. Les ex-économies socialistes deviennent de dangereux concurrents pour le Sud, tant en ce qui concerne la demande de capitaux sur le marché international, qu'en ce qui concerne l'offre des matières premières et des produits finis « bas de gamme ».

Sombres perspectives pour le Sud

Dans ce nouvel ordre mondial en gestation et alors que les capacités productives humaines seront portées à des niveaux records, le bien-être tend à devenir un mirage pour les pays arriérés. L'invention de nouveaux matériaux, le développement des technologies de la prospection, de l'extraction et du traitement des matières premières, l'insertion plus grande des anciens pays socialistes dans le marché mondial, les difficultés à sortir de la crise au Nord … dégraderont le marché des matières premières, détériorant encore plus les termes de l'échange au détriment du Tiers monde.

L'énorme besoin de capitaux pour financer les mutations technologiques en cours dans les pays développés, la non moins grande demande de financements pour permettre aux pays de l'Est de réussir leur « mise à niveau », l'écart d'efficacité entre le Nord et le Sud, rendent peu probable un afflux important de devises vers la plupart de nos pays. La compétition sur les marchés des produits manufacturés et des services va prendre une forme hypothéquant toute velléité d'industrialisation autonome. L'incapacité de nos sociétés à se protéger de la concurrence internationale va de plus en plus les obliger à « s'ouvrir sur l'extérieur ». Les possibilités de nos entreprises à survivre, seules, dans la guerre économique que se livrent les multinationales à l'échelle de la planète, semblent quasiment nulles.

Même l'exportation de nos surplus de main-d'œuvre nous est refusée. La poussée de l'exclusion au sein des pays développés condamne nos populations à survivre « chez elles ». Echapper à la régression, maintenir les niveaux de développement actuels, deviennent un défi - aux conséquences pouvant devenir tragiques - que peu de nos sociétés seront en mesure de relever.

Car des tendances progressives susceptibles d'être exploitées par les plus « dynamiques » des pays du Sud existent. La première opportunité peut être trouvée dans les luttes, à l’intérieur des pays développés, sur le contenu des transformations nécessaires pour sortir de la crise. Des forces non négligeables péseront pour que les rapports économiques, les rapports avec le Sud par exemple, ne soient pas dictés par la seule recherche du profit maximal et immédiat. La guerre économique pousse des firmes multinationales, des Etats, des ensembles régionaux à promouvoir ou accepter des formes de coopération plus stratégiques, y compris avec des pays du Sud, pour maintenir leur compétitivité et s'assurer des marchés. Le développement prodigieux des moyens de communication et d'information offre de précieuses opportunités d'accéder à la culture scientifique et technique moderne à une nation qui y est fermement et collectivement décidée.

Résumons-nous : l'humanité traverse une période de changements profonds. La façon de vivre des gens - leur mode de domination sur la nature et leur mode de consommation - connaîtra de profonds bouleversements. Dans le monde qui naît, la confrontation et  la coopération mettront en œuvre des forces colossales organisées selon des modes de plus en plus rationnels et opérant sur un espace élargi à l'échelle de la planète entière.

C'est dans ce monde-là que la société algérienne doit affirmer son droit à l'existence et au progrès.

Partager cet article

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article

commentaires