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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 19:13

Plus d'un demi siècle après le 1er Novembre, l’Algérie va mal, très mal. 4 fléaux  la rongent, qui ont pour nom : misère, corruption, fuite à l’étranger, violence.

La misère sociale et culturelle,  la mendicité partout, l’analphabétisme, le retour des grandes épidémies, la remontée des pratiques superstitieuses, la fuite à l’étranger des cadres les plus compétents, de la jeunesse.

Dans le même temps, la corruption, le clientélisme, le parasitisme, le trucage des votes, les trafics en tous genres, le piétinement des règles, ces comportements déviants qui sapent quotidiennement les fondements de la société sont tellement entrés dans nos mœurs qu’il est vain de chercher à les isoler, à les considérer comme « anormaux » : ils sont devenus la norme, ce qu’il convient de faire pour réussir.

Et, après que Boumarafi eut dit : « Qtaltu, normal », il est temps que nous interrogions les processus à l’origine de la réalité désignée par un tel vocable.  Car si la monstruosité du sous-lieutenant félon saute aux yeux, celle des terroristes islamistes et des détenteurs du pouvoir l’est déjà moins aux yeux d’une partie des algériens. L’on parle de plus de 200 000 morts et de plusieurs dizaines de milliards de dollars en dégats matériels, mais combien de vie sont brisées, d’espoir évaporés ? Qui peut mesurer les souffrances de l’Algérie après tout ce qu’elle vient d’endurer par la faute de ses enfants ? 

Nous avons perdu jusqu’à la capacité d’indignation devant les situations choquantes, et ceux qui l’ont conservée paraissent « anormaux », ne comprenant rien au monde qui les entoure. DRISS Ahmed Ath Ramdhane, homme du premier Novembre s’il en fut, un des artisans de l’Algérie indépendante, en est arrivé à dire : je déteste cette société quatre fois ce que je l’ai aimée le premier novembre 1954.

Ce n’est pas tout : la finalité de ce blog est de prévenir  celles et ceux pour qui l'Algérie n’est pas qu’un slogan : ce que nous avons vécu et continuons de subir n’est qu’un signe précurseur du cataclysme qui ne manquera pas de survenir dans un avenir prévisible. Car les maux sociaux dont il vient d’être question ne sont que les  symptômes, la forme apparente d’un mal plus profond dont nous ne parvenons pas à faire un diagnostic pertinent. Ce dernier revient essentiellement à se poser les bonnes questions, celles dont la réponse désigne aux yeux de tous les racines du mal.

Mais enfermé dans un autisme suicidaire,  notre pays refuse depuis des décennies de voir avec lucidite le monde qui nous entoure et les termes de sa pérennité dans l’océan de tensions qu’il représente. Même ceux que révolte l’un ou l’autre des symptômes cités plus haut, ont du mal à penser le problème dans sa radicalité : pour reprendre la métaphore médicale, ils concluent à un accès de fièvre quand nous sommes devant un cancer généralisé.

En mettant en ligne certains de mes écrits, parfois relativement anciens, je souhaite partager les idées qui y sont contenues, susciter l'échange, et retisser le lien avec toutes celles et tous ceux, fort nombreux j'en suis sûr, qui ont l'Algérie dans le coeur.

Ramdane HAKEM

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