Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 09:58

Avril 1980 fut une expérience démocratique exceptionnelle dans l’histoire de l’Algérie contemporaine. Cette expérience mérite mieux que d’être le fonds de commerce de X ou de Y .  Elle peut nous aider à mieux appréhender l’avenir ; c’est ce que cette contribution va tenter de montrer.

Cela fait quelques années que je m’essaie à comprendre l’évolution de l’Algérie contemporaine en m’appuyant sur la théorie de la régulation (Michel Aglietta…). Ma conviction forte aujourd’hui est que notre pays va connaître dans un avenir prévisible (20 à 30 ans au maximum) une crise économique, sociale et politique très grave, susceptible d’hypothéquer jusqu’à son existence et d’engendrer de grandes souffrances à nos populations.

De fait, à partir de 1962, la société algérienne a été progressivement réorganisée autour de la redistribution de la rente pétrolière, un revenu non produit. L’activité économique, politique et culturelle, les valeurs collectives, en un mot, tout le système de normalisation (qui dit ce qu’il convient de faire pour que les choses continuent de fonctionner normalement) en est gravement affecté. Cette « normalité algérienne », tel un monstre dévoreur, a besoin d'une rente de plus en plus importante pour se maintenir. Son effondrement inéluctable, par épuisement ou dépassement des hydrocarbures, fera monter les conflits et rivalités sociales (constitutives de notre société comme de tout autre) à des niveaux jamais égalés. Il en résultera un déferlement généralisé de la violence dont les acteurs revêtiront des couvertures idéologiques et politiques diverses.

Sans excuser de leurs crimes le pouvoir néoFLN et les islamistes,  la décennie dite rouge (années 1990), avec son cortège de morts, destructions et souffrances, est une « répétition générale » qui donne un avant-goût de ce qui nous attend. Je rappelle que c’est l’effondrement des cours du pétrole qui l’a déclenchée et c’est la remontée des cours qui nous en a sortis (si l’on peut dire !)

Pour sauvegarder l'Algérie, il est impérieux d'opérer le passage d'une société dominée par la rente, le populisme et l'inculture, à une société fondée sur le travail, la démocratie et la science. Cette transition demande de la durée et de la détermination ; le pays a déjà perdu trop de temps à se chercher un cap, et il ne l’a pas encore trouvé.

Loin d’être exhaustives, ces pistes de réflexion demandent à être considérées :

Le débat « capitalisme-socialisme » ou « libéralisme-étatisme » est dépassé. Il n’y a pas de modèle pertinent hors de la société qui l’a inventé. L’Algérie doit trouver sa propre mixité entre Marché et régulation. Le premier libère et mobilise les énergies, mais son excès détruit les cohérences économiques et la cohésion sociale. Ces dernières sont la raison d'être de l'État, mais l'étatisme engendre inertie, gaspillage des ressources et, finalement grande injustice.

La réforme de l’État est une des dimensions de la mutation qu’appelle la sauvegarde de l’Algérie. Au niveau infra étatique, la formation d'ensembles régionaux homogènes, à la fois autonomes et solidaires, donnera au pays un cadre plus solide pour mobiliser les énergies sans détruire le lien entre les individus et les institutions. Cette question ne doit pas diviser ceux qui se reconnaissent dans la promesse de Novembre 1954 mais, au contraire, les rassembler.

Au niveau supranational, l’unification de Tamazgha-Maghreb est incontournable. Une nation de taille moyenne comme la France considère qu’elle n’a pas la taille nécessaire pour résister à la concurrence qu'induit la mondialisation sans s’unir aux autres pays de l’Europe. Or, le produit national total des 5 pays Nord-africains représente moins de 10% de celui de la France.  À terme, il ne sera pas possible de contenir le chômage sans nous unir entre nous et établir une alliance stratégique avec la Communauté européenne. En particulier, le Maroc ne doit pas être appréhendé comme un rival mais comme une des profondeurs stratégiques vitales de l’Algérie.

Chaque fois que notre pays a traversé une turbulence politique, les détenteurs du pouvoir d'État n'ont pas hésité à recourir aux langues populaires (arabe algérien et tamazight) pour communiquer avec nos populations. Ils savent en effet qu’elles sont, et resteront, un ciment précieux de l’Algérie réelle. Les défis à venir commandent de redonner à ces langues leur place centrale dans les institutions, une place qu’elles occupent déjà dans la vie de tous les jours.

Pour réaliser la transition vers la société de la démocratie, du travail et de la science le pays a besoin d’un large front patriotique à même d'en faire partager la nécessité à la population. Une population où l’intérêt individuel incite les éléments les plus dynamiques à des pratiques destinées à capter une part de la rente, confortant ainsi les logiques parasitaires et prédatrices.

Tel est, de mon point de vue, « le meilleur combat » pour reprendre le titre d'un livre écrit par Amar Ouzegane, un grand patriote aujourd'hui disparu. L’intérêt principal d’un débat sur le printemps 1980 est d’y rechercher les enseignements à même d’éclairer l’action face à ces  grands défis qui nous interpellent.

Que voyons-nous ?

L’espace politique algérien actuel est caractérisé par un émiettement extrême des forces patriotiques et démocratiques, en même temps que par une pauvreté préjudiciable des débats sur les questions de fonds, celles dont dépendra l’avenir du pays. Par ailleurs, nous assistons impuissants à la multiplication de luttes populaires prenant le plus souvent la forme de jacqueries sans lendemains. Elles sont plus le signe d’un désarroi généralisé que de la montée d’un mouvement d’émancipation des populations.

Or, si le pays a connu des révoltes d’une ampleur et d’une intensité dramatique beaucoup plus importantes (octobre 1988, le printemps noir…) Avril 1980 reste une source incomparable d’enseignements car il fut un mouvement pacifique, qui a permis l’alliance de segments différents de la famille démocratique algérienne et a réalisé une jonction précieuse avec la population, le tout expliquant son dénouement heureux. Les déchirements et la perte progressive de crédibilité qu’a connus le MCB par la suite soulignent a contrario l’exception d’Avril 1980.

Plutôt que d’aborder la question en termes « c’était moi hier, donc suivez-moi aujourd’hui », n’est-il pas plus judicieux de rechercher ce qui a donné sa force au mouvement et ce qui a pu le fragiliser, et ce afin d’éclairer les chemins de l’union ô combien nécessaire pour les temps à venir ?

L’action en commun d’acteurs aux parcours militants différents a été en effet le moteur du mouvement d’Avril 1980. Leur rencontre ne s’est pas faite dans un salon mais « sur le terrain ».  Une initiative en apparence aussi anodine que l’invitation d’un grand écrivain national a pu déboucher sur une avancée démocratique significative. Encore aujourd’hui, la prise d’initiative dans l’esprit d’ouverture aux autres demeure une excellente recette pour qui veut « semer l’espoir », un qualificatif utilisé en son temps par Mohamed Harbi, à propos du printemps amazigh.

Afin de la transformer en un engagement unitaire durable, la convergence sur le terrain demande un accord sur le cap à suivre. Après beaucoup de discussions, nous avions débouché en 1980 sur trois axes (langues populaires, démocratie, justice sociale) qui restent d’actualité mais demandent à être actualisés à la lumière de débats hélas encore insuffisants sur les défis de l’heure.

Par ailleurs, l’accord sur les orientations générales doit avoir une traduction concrète : la plateforme de revendication que nous avions adoptée en 1980 a été un facteur puissant de mobilisation et de rassemblement « qui parle au gens ». Ce programme commun délimite le champ de l’action collective, favorise les convergences et réduit les rivalités intestines. Beaucoup des points de la plateforme de 1980 sont aujourd’hui acquis et nous changeons d’échelle si notre but est de favoriser les convergences au niveau national.

À titre indicatif, quelques objectifs, partagés par différents segments de la mouvance démocratique, peuvent être, en plus de l’instauration d’un débat permanent sur les défis qui se posent :  l’officialisation des langues populaires, l’autonomie-solidarité des grandes régions du pays, la confédération de Tamazgha-Maghreb, l’information et le contrôle démocratique sur la rente, la lutte contre la corruption, l’instauration d’une saine concurrence dans les branches de l’économie nationale,  la protection sociale, la liberté d’organisation syndicale et politique, l’interdiction de l’utilisation de la religion en politique… Les patriotes et démocrates algériens ont besoin d’une plateforme nationale et d’innombrables plateformes locales pour se rassembler.

Enfin,  il y a la mise en place d’un cadre organisationnel qui assure la régulation du mouvement en disant la norme : ces institutions démocratiques recueillent nos points de vue différents lors des débats et les transforment en orientations et consignes auxquelles chacun de nous accepte volontiers de soumettre ses comportements car il se reconnaît en elles, il les considère légitimes. Ce faisant, elles instaurent la cohésion qui nous fait exister comme acteur collectif. La mise en place d’institutions démocratiques et le respect de leurs décisions est indispensable à la continuité de toute action collective qu’elle soit au niveau national ou local.

À l’université de Tizi-ouzou, cette organisation a évolué de comité contrôlé par le pouvoir, à délégation autonome, coordination étudiants-enseignants, comité anti-répression, coordination du CUTO, et a culminé en Comité de coordination populaire. Il n’est d’ailleurs pas anodin de rappeler que la décision de briser le mouvement a  été prise par les autorités juste après la mise en place du Comité coordonnant l’université, l’hôpital, les lycées, les unités de production et autres établissements de la région.

Au total, je crois que les principales orientations politiques expliquant l’exception démocratique du printemps 1980 sont :

- l’unité d’action, sur le terrain,

-l’accord sur le cap à suivre, les grandes orientations,

-la définition d’une plateforme concrète pour l’action et la revendication,

-la mise en place et le respect des formes organisationnelles de régulation démocratique.

Ces orientations nous indiquent comment nous rassembler et agir avec succès en vue de concrétiser les objectifs patriotiques et démocratiques hier comme aujourd’hui. Les insuffisances du mouvement dans sa globalité et de chacun des acteurs peuvent être mesurées à l’aune de cette grille de lecture.

De fait,  hier comme aujourd’hui, en plus du contexte et de l’action des forces négatives externes, le principal obstacle à l’édification de mouvements démocratiques et pacifiques puissants est dans le faible enracinement de la culture moderne chez nos élites politiques et de la culture scientifique dans l’appréhension des problèmes qui se posent à la société. En particulier, l’existence de courants politiques différents est une réalité irréductible, elle fait la richesse et la force de notre société. Pour en surmonter les inconvénients, il est temps d’explorer les voies du rassemblement dans le respect de nos différences. En ce sens le printemps Amazigh demeure une source d’enseignement des plus précieuses.

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 11:35

Il y a de cela…

Un événement s’est produit

13,7 milliards d'années

Big Bang

4,5 milliards d'années

Formation de la planète Terre

3,8 milliards d'années

Apparition de la vie sur Terre

220 mild'années

Apparition des Mammifères

55 millions d'années

Apparition des premiers Primates

4,4 millions d'années

Apparition de l'Australopithèque

2,5 millions d'années

Apparition de l'Homo Habilis

250 000 ans

Apparition de l'Homme du Néandhertal

40 000 ans

Apparition de l'Homo Sapiens

1962 (il y a 50 ans)

Naissance de la République algérienne démocratique et populaire

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 07:11

Hamid Aït Amara nous a quitté le 11 novembre 2009. Ce grand humaniste et progressiste, un de nos rares spécialistes de la question agraire, explique dans cette interview au journal El-Watan le 10 mai 2008, comment l’Algérie risque fort de ne plus pouvoir subvenir aux besoins alimentaires de sa population dans un avenir prévisible. Il en désigne les causes : les conditions naturelles défavorables à l’agriculture d’une part, et d’autre part les politiques agricoles marquée du sceau de l’ultra libéralisme. L’issue dans ce domaine comme en d’autres passe par l’affirmation d’une ambition nationale portée par un projet de développement indépendant.

 

 

La question peut sembler farfelue ou angoissante. Elle n'en est pas moins sérieuse. Dans cet interview à El-Watan, Hamid Aït Amara, enseignant d’économie agricole à l’université d’Alger est catégorique :      « Nous avons un avenir alimentaire des plus sombres » . Nous ne produisons pas assez et nous n'aurons pas toujours l'argent pour importer.

Il dissèque les raisons ayant généré la crise alimentaire en Algérie qui se résument en une idée : le suivi servile des politiques libérales de l'OMC, du FMI et de la Banque mondiale, mais aussi au potentiel agricole de l’Algérie qui est très faible. Il y a peu de terres, à peu près 8 millions d’hectares pour reprendre les chiffres officiels pour 34 millions d’habitants, soit 0,24 hectare par habitant. Il en faut 0,60 au minimum pour pouvoir nourrir la population. Donc, on n’a pas assez de terres.

 

Il faut revenir à une politique nationale de développement agricole et produire ce qu’on peut produire. Une politique agricole qu’il faut construire avec des paysans en les motivant à la sécurité alimentaire du pays et en leur donnant les moyens.

 

Quelles sont, selon vous, les causes de la flambée des prix des produits alimentaires sur les cours mondiaux ?

 

Il faut aller aux racines de la crise. On peut dire que la population mondiale augmente, que la demande augmente et bien d’autres raisons invoquées ici et là, mais les racines de la crise alimentaire, qui va d’ailleurs s’approfondir, viennent des politiques initiées par l’OMC. Et en quoi consistent ces politiques ? Il faut découpler les aides agricoles des prix ; aligner les prix intérieurs sur les prix extérieurs ; ouvrir les marchés. Il faut déprotéger les agriculteurs de manière à créer une anarchie globalisée de façon à ce que les plus compétitifs produisent à des coûts plus bas et nourrir la planète. Cela voudrait dire que ceux dont les productivités sont les plus faibles doivent se retirer du marché. Cette politique de l’OMC a produit des effets, d’abord sur les pays excédentaires, comme la Communauté économique européenne qui n’est pas d’accord fondamentalement avec ce que préconise l’OMC. Mais néanmoins, ces pays ont baissé les prix intérieurs, découplé l’aide de la production, installé des quotas de production, comme pour le lait par exemple. Quand le lait a augmenté, il manquait 500 000 vaches en France, et ce, à cause des quotas laitiers. Ils ont mis en place tout un système, comme les mises en jachère. On vous paie et vous ne cultivez pas ! Ce qui représente 3 millions d’hectares et c’est loin d’être négligeable. Sachant que le rendement à l’hectare est de 100 quintaux, cela fait des quantités importantes de céréales qui sont retirées du marché. Cette politique de l’OMC, mise en place depuis 1995, a progressivement désorganisé, « dérégulé » et déstructuré les politiques nationales, et représente la cause fondamentale de la crise actuelle. Certes, il y a d’autres paramètres qui interviennent. On sait comme je vous l’ai déjà dit plus haut que la population mondiale augmente, que la demande augmente, qu’il y a de plus en plus de personnes qui mangent plus de viande et qu’une partie des céréales sert à produire cette viande, mais l’essentiel, ce sont les causes structurelles et non conjoncturelles, à savoir l’échec agricole de l’OMC.

 

Est-ce que le recours aux biocarburants a fait flamber les prix des céréales ?

 

Non. Certes, il y a une partie des céréales comme le maïs qui est utilisée pour le bioéthanol, ce qui fait augmenter les prix du maïs. Mais, ce ne sont pas les biocarburants et les agrocarburants qui sont les causes fondamentales. Ceux qui avancent ces explications veulent cacher l’échec des politiques de l’OMC. Ils veulent dissimuler la théorie du libre-échange et néolibérale pour que rien ne change.

 

Mais cette hausse des prix a coïncidé avec la hausse des prix du baril du pétrole…

 

Il y a des causes structurelles pour la hausse des prix du pétrole. D’abord, il y a l’épuisement prévisible et progressif des ressources. L’Algérie, à titre d’exemple, produit moins de pétrole depuis deux ans. Le pic mondial en matière de production de pétrole est prévu pour 2010, voire 2008. Donc, il y a épuisement des ressources d’hydrocarbures et de ce fait, on a structurellement une montée des prix. Tout le monde sait qu’on va arriver à un prix de pétrole à 350 dollars. C’est la même chose pour la montée des produits alimentaires, elle est due aux politiques restrictives de l’OMC. Les causes conjoncturelles, comme la spéculation, sont négligeables

 

Quelles sont les retombées pour l’Algérie et que préconisez-vous comme remède ?

 

L’Algérie a suivi la politique de l’OMC depuis 1995, en gelant d’abord les prix des céréales. Depuis cette année, les prix des blés dur et tendre et de l’orge achetés aux producteurs n’ont pas bougé. Une petite augmentation de 5% en 2006 et une autre de 2,5% en 2007. Le prix réel est en déflation et une baisse du pouvoir d’achat de céréales de plus de 60% et dans le même temps, on a augmenté le prix des tracteurs, de l’outillage agricole, les prix des engrais. Ce qui fait que la marge brute, c’est-à-dire la valeur du produit diminué des inputs qui ont servi à produire, a fondu. Et la rentabilité de la céréaliculture a été divisée par deux. Voilà la politique algérienne que personne ne souligne. Mais le ministre de l’Agriculture nous dit que malgré tout ça, il y a une augmentation de la production. En tous les cas, les importations prouvent le contraire. Elles ne font qu’augmenter. Aujourd’hui, si on prend en compte les statistiques du ministère de l’Agriculture, on ne produit que 30%, soit 70% sont des importations.

 

Mais que préconisez-vous concrètement pour la relance du secteur agricole algérien ?

 

Les causes de l’échec sont le suivi servile des politiques édictées par le FMI, la Banque mondiale et l’OMC. Mais sachez que le potentiel agricole de l’Algérie est très faible. Il y a peu de terres, à peu près 8 millions d’hectares pour reprendre les chiffres officiels pour 34 millions d’habitants, soit 0,24 hectare par habitant. Il en faut 0,60 au minimum pour pouvoir nourrir la population. Donc, on n’a pas assez de terres. Deuxièmement, on est dans une zone semi-aride, il n’y a pas assez d’eau. Troisièmement, nous sommes dans une dynamique d’érosion terrible. La capacité de production des terres se dégrade. Donc, l’Algérie n’est pas un pays agricole. Elle n’a pas les ressources pour nourrir sa population. On le sait depuis 1930. Lorsque les Français ont découvert les capacités agricoles du pays et la croissance démographique qui arrivait, ils étaient effrayés. En 1943 et 1944 durant la Guerre, l’approvisionnement de l’Algérie était interrompu et on avait rationné le pain à 150 grammes par jour et par homme. Déjà, il n’y avait pas assez pour les 8 millions d’habitants. Nous n’avons pas les capacités pour produire et nous n’avons pas fait la révolution agricole du 20e siècle. On cultive encore comme cultivaient à l’époque les Romains, c’est-à-dire dans le système blé-jachère. Une année je sème, une année je laisse la terre au repos. Il y a 3 millions d’hectares non cultivés sur les 8 millions et sur le reste, on a 10 quintaux à l’hectare. Ce sont les rendements les plus bas. Donc, nous n’avons jamais pris la mesure de la faiblesse du potentiel agricole naturel du pays. Cela dit, il faut revenir à une politique nationale de développement agricole et produire ce qu’on peut produire. Une politique agricole qu’il faut construire avec des paysans en les motivant à la sécurité alimentaire du pays et en leur donnant les moyens.

 

Selon votre analyse, l’Algérie est donc condamnée à importer ses produits alimentaires ?

 

Le problème de l’importation, c’est la dépendance alimentaire. Les pays excédentaires ont accepté de fournir le marché mondial à des prix inférieurs de 30% aux coûts de production, et ils ont payé de leur poche. Chaque jour, ce sont des centaines de milliards d’euros qui sont dépensés pour alimenter le marché mondial à des coûts très bas. A un moment donné, ils ont décidé de vendre au prix de revient à la production. C’est tout à fait légitime. Ces pays ont donc besoin de l’OMC pour dire aux pays ayant de faibles productivités d’arrêter de produire. Et ils ont trouvé des relais dans des pays comme le nôtre pour nous dire qu’il faut adhérer à l’OMC. Et tout ce discours creux, néolibéral, a détruit tout le système productif algérien et nous a rendus dépendants à 100% des hydrocarbures. Maintenant, est-ce que nous aurons toujours de l’argent pour acheter ? Je dis non. Notre pétrole et notre gaz ont une fin. On sait que dans 30 ou 40 ans on aura épuisé nos réserves. Et d’ici là, il y aura d’autres phénomènes extrêmement importants qui viendront perturber le marché, le changement climatique en particulier. L’Algérie va prendre 4 degrés de chaleur en plus et va carrément tourner vers la zone aride. Et on va cultiver quoi ? Donc, nous avons un futur alimentaire des plus sombres. Il ne s’agit pas de dramatiser, mais logiquement, tous les paramètres développés plus haut font que nous allons tout droit vers la catastrophe.

 

Vous préconisez le retour à des politiques nationales. Que faut-il pour développer le secteur agricole algérien, et quelle évaluation faites-vous du PNDRA ?

 

Les premiers qui sont retournés à des politiques nationales sont les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande, qui fournit des viandes bon marché, le Brésil, qui a d’immenses territoires à cultiver, l’Argentine et l’Australie. Ce sont eux les premiers mécontents qui ont fait l’OMC agricole. Tout le monde revient au protectionnisme. L’Algérie doit cesser de se faire dicter sa politique de l’extérieur. Les Tunisiens viennent d’augmenter leurs prix des céréales d’un coup à 450 dollars la tonne pour le blé dur et 400 dollars pour le blé tendre. Et nous, on attend la récolte. Pourquoi attendre la récolte pour annoncer l’augmentation des prix. Quand on augmente les prix aux producteurs, on les encourage à produire davantage. Si on baisse les prix comme on l’a fait, de 1995 à 2007 où les agriculteurs avaient perdu 70% de leur pouvoir d’achat, ils ne sont pas incités à produire les céréales. On nous dit que l’Etat a beaucoup investi ces dernières années dans l’agriculture. Le PNDRA représente 3% du PIB agricole (PIBA). Pour la Tunisie et le Maroc, c’est 6%. Donc, on est loin d’avoir fait un effort exceptionnel en matière d’investissement dans le secteur. Au lieu de perdre notre argent, comme on vient de perdre 30% suite à la dévaluation du dollar, mettons-le un peu plus dans l’agriculture. Motivons les paysans, développons les techniques agricoles, encadrons l’agriculture, faisons de la recherche. Certes, nous n’aurons pas l’autosuffisance alimentaire, mais nous ne serions pas dans une dépendance aussi grave, aussi mortelle que celle d’aujourd’hui. L’Algérie a la chance de ne rien exporter pour le moment, pourquoi alors avoir besoin de l’OMC, qui est un instrument de domination des plus forts pour soumettre les économies des plus faibles. Les forces néolibérales chez nous essaient de nous faire entrer dans un système pour valider la politique intérieure de privatisation, d’appel au capital étranger au moment où nos caisses regorgent de capitaux.

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 12:00

Un drame sans nom

Où va conduire les Algériens cet engrenage infernal qui écrabouille leur société et les projette dans un avenir des plus incertains?

« L'agression islamo-terroriste…a fait au bas mot, depuis fin 1991, 80 000 morts, invalides et orphelins, en plus des centaines d'écoles, d'usines et de structures municipales de service public saccagées. »[i] 
Données officieusement par l'armée, les estimations du nombre de personnes tuées entre 1992 et 1997 atteignent un total de plus de 44 000 victimes
[ii]:

Année

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

Victimes

2000

8000

15000

7000

5000

4000

     

1100

C'est par centaines de milliers, peut-être par millions qu'il faudra compter le nombre de personnes contraintes de quitter leur maison, leur travail, et souvent leur famille pour s'en aller quêter, dans un ailleurs parfois fort lointain, le droit à la vie. L'existence de près de trente millions d’habitants est bouleversée par l'insécurité, les assassinats, les incendies criminels et les destructions de l'outil de production (usines, commerces, moyens de transport, forêts...).

Là n'est cependant que la face  apparente du drame.

D'autres ravages naissent quotidiennement d'une violence moins visible. La forme de libéralisation économique choisie est en train de tarir la seule source de revenu dont disposaient des centaines de milliers de familles[iii]. La croissance démographique, la déliquescence du système d'éducation, la crise du secteur productif...  livrent des générations entières de jeunes à la rue, sans espoir de jamais trouver un emploi pour tout simplement pouvoir vivre. Dans ces populations livrées à la précarité et à l'exclusion, la conscience nationale faiblit ; elle cède le terrain à des unions alternatives d'essences communautaires ou laisse place au désarroi qu'engendre la perte des repères.

Faillite d'une dictature nationale populiste

Ceux qui s'interrogent sur l'avenir du pays ne peuvent qu'être interloqués par les réponses qu'ils entendent auprès des responsables chargés de construire une issue à une situation désespérante. Les plus perspicaces de nos décideurs reconnaissent qu'ils ne comprennent pas grand-chose au processus historique dont ils sont pourtant des acteurs privilégiés :  « Dans quelque milieu où l'on peut se situer, à quelque société à laquelle nous appartenons et à quelque catégorie que nous ayons affaire, nous sommes perdus devant la situation que nous vivons. Personne ne la prévoyait et personne ne la comprend. »[iv][iv]

D'autres dirigeants nient la gravité du phénomène. Pour le président Zéroual les élections législatives du 5 juin 1997 furent une « réponse sans appel à tous ceux qui sèment le doute dans l'esprit des gens quant à la capacité intrinsèque des Algériens et Algériennes à dépasser seuls une crise, somme toute passagère, une crise familière à bien des nations avant que ne commence à en souffrir l'Algérie. »[v]

Une telle sous-estimation de la profondeur du drame chez le premier personnage du pays - qui a évoqué par ailleurs un complot fomenté de l'étranger ! - a de quoi couper le souffle ; elle est malheureusement partagée par la quasi-totalité de la classe politique prise dans l'infernal tourbillon de la course au pouvoir. L'opinion publique, parce que non avertie des fondements structurels de la crise, en est réduite à ballotter, au gré de la conjoncture terroriste - de la réduction ou augmentation du nombre des assassinats - entre un pessimisme extrême  qui confine au fatalisme et un optimisme débordant, tout aussi déresponsabilisateur.

La non-reconnaissance de l'ampleur de la crise est probablement l'indice le plus révélateur de sa gravité car les humains, lorsqu'ils se posent les bonnes questions, finissent toujours par leur trouver des réponses correctes. Quand ils ne se posent même pas leur problème, c'est que la solution n'est vraiment pas encore envisageable.

Peut-être que les déclarations du président ne sont que  « de la politique »   - un mensonge qui se justifie ! -, une communication destinée à rassurer la population pour laquelle il a été institué patriarche, bon père de famille. Les contre-vérités déclamées à longueur de discours officiels ne peuvent pourtant empêcher de voir le sens exact de l'action qui est menée par le gouvernement. En remettant aux techniciens du F.M.I. et de la B.I.R.D. le soin de nous dicter les nouvelles règles de fonctionnement économique, les plus hautes autorités du pays ne font pas que reconnaître leur faillite et la nôtre ; elles mettent en œuvre une thérapie dont le résultat sera probablement plus de larmes et de désespérance. En associant l'intégrisme islamique à la gestion de l'exclusion généralisée des populations, ces autorités consolident leurs assises tout en fragilisant l'idée même d'Algérie.

Une intelligentsia absente

Utiliser l'arme de l'intelligence pour penser les difficultés et leur trouver des réponses pertinentes est la fonction des intellectuels dans les sociétés contemporaines. L'esprit humain peut réduire la complexité, construire des solutions fondées sur une connaissance réelle de la structure des problèmes, permettre de les surmonter. En Algérie, il  y a une « absence ahurissante d’analyses importantes sur l’état du pays.»[vi] 

La quantité dérisoire et la qualité discutable des écrits sur la crise nous interpellent avec d'autant plus de force que l'enjeu est de s'appuyer sur la puissance de la raison pour réduire, puisqu'on n'a pu l'empêcher, le déferlement de violence.

De plus en plus souvent, nous,  intellectuels algériens, ne parlons plus que pour nous plaindre des conditions difficiles qui nous sont faites et des persécutions dont nous sommes les victimes. En assassinant les Boukhobza, Liabes, Fardeheb, Belkhenchir et autre Boucebsi, le terrorisme islamiste semble avoir tétanisé les esprits. Quelques rares travailleurs du cerveau, quelques journaux maintiennent malgré tout la flamme vacillante de la raison. Le reste est papotage cacophonique.

Où sont ces livres, ces revues, ses empoignades passionnées, ces arguments et contre-arguments... capables d'accoucher d'une intelligence correcte de la malédiction qui nous frappe ? Où sont les justificatifs des jugements, des sentences, des exécutions prononcées à longueur de discours par nous, Algériens, lorsqu'il est question de la chose publique?  Comment peut-on un seul instant imaginer pouvoir trouver et mettre en œuvre une solution sans que cette solution puisse se justifier ?

Mais  la pensée semble se paralyser à mesure que s'approfondit la crise. La société bégaie, ses idées s'embrouillent, il n'y a plus de sens commun pour départager les points de vue ; chacun se referme sur ses propres certitudes,  la communication n'est plus possible autrement que sous forme de violence. L'esprit abdique ses droits ; place à la barbarie.

Solution islamiste et abdication de la raison

Oublierez-vous El hel el islami, la solution islamique ? nous objecterait monsieur Nahnah[vii][vii]. La pensée intégriste n'est-elle pas en train d'inonder la société de ses mots salutaires ?

L'intégrisme islamique est justement l'idéologie de cet échec de la raison. Pour ce courant politique la crise participe de notre éloignement de Dieu et des normes codifiées dans le Coran et la tradition du Prophète. L'issue ne peut se concevoir en dehors du retour à ces préceptes salvateurs. En posant le rapport à Dieu comme source des maux du monde, les islamistes situent hors de la réalité  - dans la métaphysique - les principes explicatifs de la crise. Ils s'interdisent et interdisent au reste de la société de rechercher ailleurs que dans le rapport à Dieu les causes des difficultés qui nous assaillent. Lorsque cette recherche met en cause l'idée qu'ils se font de la religion - comme c'est le cas à propos des problèmes démographiques, du statut de la femme, de la langue arabe classique - ils la condamnent comme hérésie.

Les solutions qu'ils préconisent ne sont alors pas discutables par la raison, cette dernière ne pouvant s'exercer que sur les rapports qu'elle peut vérifier. Leurs propositions pour remodeler les règles sociales ne peuvent qu'être arbitraires car fondées sur le refus de prendre conscience des fondements objectifs de la crise. Elles s’articulent en un projet qui justifie la non-résolution, en ce monde, des problèmes des gens et le renvoi de tout espoir de bonheur dans l'au-delà. La fonction de l’intégrisme islamiste est de transformer l'état actuel de désarroi (ou un état pire encore) en une condition normale, de faire accepter la situation désespérante comme norme sociale par le « retour à Dieu » sous des formes volontaires ou forcées.

Devant la montée des tensions sociales, les élites parasitaires  cherchent à faire de cette « solution » une alternative au projet nationaliste qui sert encore de couverture à leur domination. Une partie non négligeable des exclus du système est tentée par un ordre qui ferait de sa propre condition le lot du plus grand nombre. Nos structures mentales, façonnées par les archaïsmes de  la  culture arabo-islamique, ont tendance à préférer ce type d'issue à l'alternative démocratique, plus réelle mais autrement plus responsabilisatrice. Cette dernière demande de si profondes mutations dans les rapports qui influencent directement ou indirectement notre capacité à produire les biens et les services que certains genoux fléchissent devant l'énormité de la tâche.

Un projet républicain sans contenu

Le projet républicain en Algérie est né de la rencontre entre la culture politique moderne, occidentale, et la contestation qui exprimait les frustrations des populations sous la colonisation. Il est adopté comme finalité de la lutte de libération nationale par le Congrès de la Soumam (20 août 1956 ) qui apprécia de la manière suivante le soulèvement armé pour l’indépendance : « C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le féodalisme. C’est la lutte pour la renaissance d’un Etat algérien sous la forme d’une République démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchie ou d’une théocratie révolues. »[viii]

Après 1962, trente ans durant, le projet républicain a été déformé, tronqué, amputé de dimensions indispensables à la cohésion sociale durable dans le monde d'aujourd'hui. Dès les années 1970-80 cependant, les mouvements ouvrier, berbère, des étudiants, de femmes... soulevaient des questions qui ne pouvaient être dépassées sans de profondes transformations institutionnelles.  La faillite du régime du parti unique redonne aujourd'hui à l’idée démocratique, débarrassée des scories introduites par le populisme, toute son actualité. Son pari est de construire un ordre social d'où sera bannie toute forme d'exclusion, qu'elle soit d'origine ethnique ou religieuse, sexuelle, politique ou économique.

Une telle aspiration est partagée par de larges fractions de la population et de l'intelligentsia. Elle est exprimée avec le plus d'esprit de suite par les formations politiques dites du camp démocratique. Peu d'efforts semblent pourtant avoir été faits en vue de lui donner un contenu qui articulerait des propositions de changements institutionnels aux drames nés de l'exclusion sociale, culturelle, sexuelle et politique des populations. Une telle maturation se heurte aux interdits et tabous qui continuent de régir le fonctionnement de la société, à la confusion idéologique qu'entretiennent les intérêts parasitaires; elle se heurte également aux hésitations des démocrates eux-mêmes devant les remises en question que leur projet suscite. Elle se heurte enfin au gouffre séparant les exigences que nous impose la mondialisation et la qualité des rapports économiques, politiques, culturels qui nous définissent comme société. Un travail de clarification attend l'ensemble des femmes et des hommes que préoccupe l'avenir républicain de l'Algérie.


[i]Mustapha Lacheraf; Réflexions culturelles et politiques sur la société algérienne d'aujourd'hui; EL WATAN 2-06-1998.

[ii]Revue « Politique Internationale » N°79, Printemps 1998.

[iii]La presse algérienne évalue à 200 000 le nombre de salariés, de responsables de familles "dégraissés" par la restructuration actuellement en cours.

[iv]Général Yahia Rahal, in El Watan 10 06 1997.

[v]Compte rendu d'intervention du Président en Conseil des Ministres. In El Watan du 31 03 1997.

[vi]Djemoudi Djoudi. In El Watan du 19 7 1998.

[vii]Chef du Mouvement de la Société de la Paix (M.S.P), un des Partis Islamistes légaux.

[viii]Déclaration du Congrès de la Soumam, le 20 août 1956.

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 15:11

J’ai trouvé sur le site Algérie focus cet article des plus intelligents traitant des faiblesses de la gauche Tunisienne. L’auteur y pointe l’émiettement suicidaire des forces de progrès, et met en évidence l’importance de la communication dans les luttes politiques modernes. Il montre, en particulier, que les stratégies de communication prétendument modernes de la gauche sont en réalité archaïques, leur efficacité est des plus douteuses. Un constat qui vaut également pour l’Algérie.

 

Elections en Tunisie : Une défaite nécessaire, par Houcine BARDI


L’élection de l’assemblée nationale constituante a bien eu lieu. Le résultat auquel elle a abouti est incontestablement un fiasco pour les progressistes, démocrates de gauche et autres modernistes tunisiens.

Ceux qui se croient malins ne manqueront certainement pas de dire que c’était un « échec déjà annoncé ». Soit. Mais cela ne nous est d’aucun secours pour solutionner les pressantes interrogations qui nous assaillent. D’autres continueront, sans doute pour quelque temps encore, à dénoncer les irrégularités plus ou moins graves, sans aller jusqu’à employer le terme, impropre il est vrai, de « fraude ». D’autres encore essayeront de rassurer —et surtout de se rassurer eux-mêmes— en mettant en exergue une « majorité » qui n’aurait parait-il pas voté pour Ennahdha et qu’on voudrait convertir en un vote contre celle-ci…

La défaite est pourtant là, cuisante, oppressante et bien réelle. Nous dirons même qu’elle est nécessaire, en ce sens, tout d’abord, où elle nous fournit l’occasion d’aiguiser la prise de conscience du danger gravissime que représente l’hyper division face à un adversaire pragmatique, autocentré et mieux organisé. Ensuite, elle pourrait/devrait favoriser la remise en cause radicale des stratégies politiques contre-productives adoptées indistinctement par les vaincus (partis, personnalités et listes indépendantes), dans la perspective de création d’un Front de Gauche mieux à même de fédérer les forces progressistes et de « faire jeu égal » avec le front populiste-conservateur.

Une gauche qui apprend à travers ses échecs, est, certes, moins « bonne » qu’une gauche qui anticipe, en les évitant, les travers et embuches qui se dressent sur son chemin. Elle demeure, néanmoins, moins « mauvaise » qu’une gauche qui s’obstine à rester dans l’erreur en refusant de s’avouer ses faiblesses, ses défauts, ses choix impertinents, ses mauvais calculs aussi… afin de corriger « la trajectoire » et se donner les moyens de rebondir.

Qu’on se le dise clairement et sans détours, la Tunisie se trouve aujourd’hui, de facto, divisée en deux « blocs » antagonistes et inégaux : un bloc conservateur-populiste (majoritaire) arcbouté sur la question identitaire, et un bloc progressiste-élitiste (minoritaire) tourné vers l’universel. Dans une société comme la notre où l’expression populaire sort à peine de l’état de servitude dans lequel elle était maintenue, et qui se manifeste pour la première fois librement, dans un laps de temps (séparant la révolution du scrutin) relativement court, l’on ne pouvait s’attendre, sauf à être dupe ou myope, à un résultat moins décevant.

L’on nous dit que les tunisiens abhorrent les conflits et les « querelles ». On répondra : pas plus que les algériens, français, marocains, ou n’importe quel autre peuple sur terre qui recherche, presqu’instinctivement, à être rassuré sur son avenir en prônant la concorde contre la discorde et la force centrifuge contre les centripètes. Une société sans conflits n’est, cependant, concevable que dans le cadre des régimes totalitaires ou dans certains systèmes philosophiques utopistes (Platon, Al Farâbi, voire Marx). Au risque d’avancer une banalité, nous dirons que le conflit est le propre de la vie en société. D’où notre premier constat : ce qui serait en cause n’est pas tant le conflit en lui-même, mais son mode de gestion, son expression, sa mise en forme politique.

Et, question « mise en forme politique », les démocrates-progressistes se sont avérés de piètres « metteurs en forme ». Aucune intelligence pragmatique ; aucune vulgarisation accessible d’une quelconque approche conciliatrice (introuvable) entre Tradition et Modernité ; aucun ancrage profond dans les réalités spécifiques d’une société arabo-musulmane dont seule la face visible (de l’iceberg) est moderne-progressiste et conforme à la perception étriquée des « modernistes » ; rien de percutant (pouvant sensibiliser et toucher les masses) dans la campagne électorale d’une banalité, voire même d’une médiocrité, affligeante. Pire encore, certains ont cru la mener (bien) sur fond de palabres stériles et de joutes oratoires byzantines (n’intéressant pas grand monde) sur les dangers de l’intégrisme islamiste… alors qu’une connaissance élémentaire en matière de sociologie de la communication politique voudrait qu’une « bonne » campagne se gagne, principalement, avec des slogans simples, percutants et porteurs.

Exacerber un conflit (en l’occurrence islamité Vs modernité) en misant sur le pouvoir de discernement et la capacité d’entendement chez des masses « enchantées » par Al Jazeera, équivalait à voir régner le rationnel là où le sensationnel est seul maître à bord. La méthode déconstructiviste de tout discours religieux n’est valable que dans un monde désenchanté, où les affrontements autours des idées et des projets se résolvent par référence à la performance argumentative. Hélas, tel n’est pas le cas de la Tunisie, et ça l’est davantage encore moins depuis l’irruption fracassante d’Ennahdha dans l’espace public qui a eu l’effet d’un redoublement d’enchantement, ou si l’on veut d’un réenchantement officiel.

Ce postulat est aisément vérifiable à travers les résultats « têtus » des élections que nous pourrions schématiser par des cercles concentriques, dont le centre de gravité serait l’« Islam ». En effet, plus on s’éloigne de ce centre, moins de suffrages on recueille. C’est un fait. L’annonce, par ailleurs, de l’alliance avec Ennahdha faite par le CPR et Ettakatol, pendant la campagne électorale, a (ça mérite d’être signalé) indéniablement contribué à « centrifuger » ses deux formations.

Dès lors, les déclinaisons carnavalesques des programmes sociaux, économiques et politiques, tout comme les projets de constitutions et autres « œuvres de l’esprit » versant dans la culture cultivée, deviennent futiles (presque risibles), car insignifiants pour la majorité « intouchable » agrippée à sa culture traditionnelle comme on s’agrippe à sa prétendue « bonne étoile ».

Toute la stratégie, avec ce qui lui sert de soi-disant « matériaux de construction », était hors-champs (électoral). En effet, pendant qu’Ennahdha et Al Aridha (la Pétition Populaire… de Hachemi Hamdi), s’invitaient, en usant leurs semelles, chez les petites gens et « labouraient » les campagnes et quartiers populaires de Tunisie tout en véhiculant un discours intentionnellement simpliste pour être audible par le plus grand nombre, nos « progressistes » eux « squattaient » les radios-télés et autres réseaux sociaux en « rêvassant » de démocratie, de justice sociale, de laïcité, et j’en passe… en utilisant un langage incompréhensible, quand il n’est pas perçu comme « désaccordé », voire même en rupture totale, avec le vécu et les aspirations des couches populaires.

Divisions, intellectualisme, inadéquation entre discours et réalité, confusion entre mass-médias et masses tout court, telles sont à nos yeux quelques unes des causes du ratage électoral de la constituante.

Comment en sortir ? que faire pour rebondir ? La gravité du questionnement et, plus généralement, de la situation de crise que traverse la gauche tunisienne, impose l’humilité et un sursaut critique généralisé devant déboucher sur l’enclenchement d’un processus unificateur conduisant à la construction d’un Front de Gauche capable de mener les forces progressistes à la victoire. Pour ce faire il faudrait, au préalable, que les intéressés s’accordent sur le bilan (les enseignements à tirer) de cette défaite, et s’entendent sur un ordre de priorités politiques communes. De même qu’il leur faudrait se défaire du réflexe partidaire qui a été, pour une large part, à l’origine des divisions ayant conduit précipité l’échec. Divisions qui ont été considérablement aggravées par un nombre impressionnant (inflationniste !) de candidatures indépendantes qui avaient cru, non sans virulence et arrogance, sauter par-dessus les partis politiques représentatifs et s’imposer envers et contre tous. Espérons que l’essoufflement rapide de cet indépendantisme (pour ne pas dire individualisme) aventuriste et antipartis puisse avoir suffisamment de courage et de volonté pour tirer toutes les leçons de sa débâcle, et reconnaître —lui aussi— ses graves erreurs, car non seulement ils n’ont pas réussi a faire élire les siens, mais aussi —surtout— ils ont privé certains partis de la chance de faire élire les leurs !

Un processus de « fusions absorptions » doit donc être urgemment mis sur pieds pour rassembler toutes le forces vives de la gauche tunisienne autours d’objectifs politiques progressistes aisément identifiables par le public. Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra surmonter la crise de confiance, et transformer le désaveux en adhésion.

Paris, le 10 novembre 2011

 Houcine BARDI

 Docteur en Droit, Avocat au Barreau de Paris

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 22:21

A l’appel de la Coalition d’associations de victimes des années 1990

 

La Coalition d’associations de victimes des années 1990 - le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), Sos Disparus, Djazairouna, Somoud - appelle à une manifestation pour la Vérité et la Justice, le samedi 8 octobre 2011, à Paris. Dans le contexte des révolutions du monde arabe, la Coalition réaffirme que la lutte contre l’impunité est partie intégrante de celle pour le changement et la démocratie.

 

Dans les années 1990, notre pays a connu une guerre sanglante menée par les groupes armés islamistes contre la société, qui a causé des centaines de milliers de victimes. Les citoyens non armés et sans protection de la part de l’Etat ont été la cible principale d’assassinats, tortures, disparitions, viols collectifs et massacres.

 

Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Etat a mené une répression massive et aveugle contre la population, avec son lot d’arrestations arbitraires, exécutions extrajudiciaires, tortures et disparitions forcées. 8000 personnes ont « disparu » après avoir été arrêtées par les forces armées de l’Etat. Aucune enquête n’a jamais été menée pour retrouver ces disparus, ni les personnes enlevées par les groupes armés islamistes.

 

Depuis le milieu des années 1990, les victimes de violations des droits de l'Homme et leurs familles s’insurgent, et revendiquent Vérité et Justice pour pouvoir se reconstruire. Inévitablement, elles assortissent leur lutte au combat pour l’émergence d’un Etat de droit, démocratique et respectueux des droits de l’Homme, ayant la volonté de faire la lumière sur les crimes qui pèsent encore lourdement sur la société algérienne et hypothèquent toute véritable réconciliation.

 

Depuis la fin des années 1990, différentes amnisties, promues par le président Bouteflika avec la bénédiction du Haut Commandement militaire, ont été adoptées : d’abord, la Concorde civile en faveur des membres des groupes armés islamistes ; ensuite, la Charte dite « Pour la paix et la réconciliation nationale » qui, tout en rééditant l’amnistie de ces groupes, assure, depuis son entrée en vigueur en 2006, l’immunité juridictionnelle des agents de l’Etat et menace d'une peine d'emprisonnement ceux qui critiquent cette « solution ».

 

Avec cette Charte, qui prône l'oubli et consacre l'impunité tant des groupes armés islamistes que des agents de l’Etat, le régime espère solder le passif humain du conflit des années 1990 par des indemnisations financières et ignore la revendication de Vérité et de Justice des familles de disparus et de victimes du terrorisme.

 

En faisant table rase du conflit des années 1990, le régime interdit l'établissement des responsabilités individuelles dans les violations des droits de l'Homme, ainsi que tout débat public sur la responsabilité politique des uns et des autres dans le déclenchement du conflit et son déroulement. Il espère ainsi se perpétuer en toute quiétude, fort du ralliement de nombre de ses anciens ennemis armés, pendant que la société algérienne tente d’écrire son histoire dans le noir et se débat pour établir la Vérité.

 

Aujourd'hui, des associations de victimes de terrorisme (Djazaïrouna, Somoud) et des associations de familles de disparus (Sos Disparus, CFDA), prenant conscience que leur cible commune n’est autre que l’impunité, sont parvenues à transcender les clivages des années 1990, caricaturaux et révolus, pour faire front commun contre le système imposé par la dictature pour annihiler tout espoir de changement.

 

La Coalition qu’elles ont créée appelle à se mobiliser pour faire tomber les lois scélérates sous la pression de la société, comme ce fut le cas en Argentine, où les familles de disparus et les victimes de la dictature ont été soutenues par la société civile et les forces vives du pays qui, faisant abstraction de tout autre clivage, ont refusé l’injustice ; grâce à cette mobilisation, les lois d’amnisties dans ce pays, dites « Point final », ont fini par être abrogées.

 

Les révolutions tunisienne et égyptienne montrent qu’une dictature ne résiste pas à la volonté d’un peuple uni et conscient de ses droits. Les procès des dictateurs de ces pays et de leurs soutiens témoignent de l’aspiration à la Vérité et à la Justice. Le refus d’impunité, exprimé implacablement par la société, est le pas inévitable de toute marche vers la démocratie.

 

LE CHANGEMENT ET LA DEMOCRATIE PASSERONT

PAR LA VERITE ET LA JUSTICE

 

Pour soutenir et signer la déclaration, merci d’envoyer vos nom, prénom, qualité en tant que signataire, à l’adresse mail suivante : cfda@disparus-algerie.org

 

Premiers soutiens de :

Associations Amusnaw, Collectif femmes du "printemps noir", Congrès mondial Amazigh, Groupe BEZZZEF, Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), Manifeste des libertés, Rassemblement Action Jeunesse (RAJ), Tharwa N'Fadhma N'Soumeur

 

Lahouari Addi (sociologue), Louisa Aït Hamou (universitaire et militante droits des femmes) Sanhadja Akrouf (militante associative), Zineb Ali Benali (professeur des universités), Tewfik Allal (militant associatif), Youcef Ben Brahim (militant droits de l'homme, membre de la CNCD), Madjid Benchikh (ancien Doyen de la Faculté de droit d'Alger, ancien Président de la Section algérienne d'Amnesty international), Mustpaha Benfodil (écrivain journaliste)Ali Bensaad (enseignant chercheur CNRS), Mostefa Bouchachi (président de la LADDH), Adnane Bouchaib (secrétaire général Somoud), Aimen Boudellaa (médecin, bénévole Sos Disparus), Radia Boudissa (militante associatif) Hassiba Boumerdassi (avocate), Omar Bouraba (gérant), Mouloud Boumghar (professeur droit public), Ali Brahimi (député de Bouira non incrit), Houria Chafaï Salhi (professeur d'université à la retraite), Ourida Chouaki (militante droits de l'Homme), Kaddour Chouicha (enseignant universitaire, Oran), Ahmed Dahmani (enseignant chercheur), Habiba Djahnine (réalisatrice), Daho Djerbal (université Alger II), Lalia Ducos (militante algérienne), Nassera Dutour (porte-parole CFDA), Samir El Hakim (comédien) Nabil Farès (écrivain, psychanaliste), Kader Fares Affak (comédien militant), Abdelwahab Fersaoui (président RAJ), Fouad Hassam (membre du Bureau de la LADDH, Oran), Marieme Helie Lucas (sociologue), Ghazi Hidouci (ancien ministre) Dalila Iamarene (militante droits des femmes), Cherifa Kheddar (présidente de Djazaïrouna), Feriel Fatès Lalami (militante féministe), Nasr Eddine Lezzar (avocat), Abdelhamid Mehri (ancien ministre du GPRA et ancien secrétaire général du FLN), Ali Merabet (président Somoud), Tarik Mira (député de Bejaïa non inscrit), Faroudja Moussaoui (militante droits de l'homme, vice présidente du CMA), Karim Natouri (enseignant université de Bejaïa, faculté de droit, président de bureau de Bejaia de la LADDH), Djaffar Ouali (LADDH section de Saida), Fatma Oussedik (sociologue), Nourredine Saadi (écrivain, juriste), Mohamed Salem Sadali (Secrétaire général du Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation (SATEF), Leïla Sebbar (écrivaine), Sid Ahmed Semiane (auteur, photographe), Yacine Zaid (syndicaliste autonome, membre du conseil national de la LADDH, président de bureau de wilaya de Laghouat)

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 12:52

La scène politique algérienne revit en ces débuts 2011. A l'origine de l'effervescence, il y a, au plan interne, l'embrasement du pays en janvier contre la vie chère; soit donc une demande sociale exprimée avec éclat. Les  émeutes  populaires ont ensuite été relayées par des tentatives  de manifester à Alger, à l' initiative d' acteurs se réclamant de la modernité et de la démocratie. La manifestation du 12 février 2011 en particulier exigeait" la levée de l’état d’urgence, l’ouverture du champ politique et médiatique et la libération des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations  ou de délits d’opinion".  Les  questions de libertés politiques  et de changement de régime sont posées : il est possible que nous soyons à l'orée de bouleversements importants, à l'instar de la Tunisie et de l'Egypte. 

 

A ce propos, l’on ne peut qu'applaudir  à la chûte de Ben Ali et Moubarak. Le sens et la portée des changements  dans l'un comme dans l'autre de ces deux pays ne sont toutefois, loin s'en faut, pas encore fixés. D'aucuns  considèrent même que les grands Etats occidentaux, les USA, l'Angleterre et la France en particulier, tuteurs de presque tous les régimes corrompus du monde arabe, sont à la commande, tentent de contrôler le processus de changement (qui leur échappe heureusement en partie) en imposant un "nouveau" régime sauvegardant leurs intérêts. Des intérêts que résume leur  mainmise durable sur les conditions d'exploitation des ressources en hydrocarbure, l'énergie vitale de la machine industrielle mondiale. 

 

Suffisamment particulier, le contexte algérien invite non pas à plus de prudence, mais à plus de perspicacité politique. Pouvons nous  oublier que le "processus démocratique" engagé après le soulèvement populaire d'octobre 1988 (plus de 400 morts) a accompagné, avec la bénéniction des chancelleries occidentales, une régression économique, sociale et politique dramatique qui a débouché sur les horreurs de la décennie de sang (plus de 200 000 morts, des millions des déplacés….)? 

 

De fait, les  demandes  de la protestation populaire qui enfle en Algérie constituent un enjeu crucial, à la fois pour les mobilisations  en  cours et pour les issues à venir. L'on comprend que le collectif,  en France, "de soutien à la lutte en Algérie pour le changement et la démocratie", n'a pas fait que reprendre les revendications de la Coordination d'Alger. Il y ajoute non seulement "le changement et la démocratie", mais également  "le travail et la justice sociale" et "une Algérie démocratique et sociale". Par ailleurs, des acteurs attachés à la langue amazigh s'étonnent dans la presse qu'elle ne figure pas  dans les revendications posées. Ne serait-ce que par la présence d'Ali Benhadj à la manifestation du 12 février, ou encore pour rendre possible l'égalité en droit des femmes et des hommes, le débat sur la  place de la religion dans la vie publique est incontournable. Par ailleurs, nombre d'intellectuels ont mis le doigt sur le caractère central du modèle de développement économique et les défis de l'après pétrole, tandis  que la corruption apparaît comme une plaie mortelle pour le lien social. Un lien qui ne peut s'accomoder des multiples exclusions dont sont vicitimes des millions d'Algériens : exclus du travail, de l'éducation, du logement, de la santé, des  loisirs….

 

Nous entendons bien le soucis d'"efficacité politique" animant  les acteurs qui focalisent sur les seuls revendications pouvant unir toute l'opposition; il reste que pour "changer le système" les démocrates  algériens ne peuvent se suffire de "Bouteflika barra!". Ils se doivent de proposer un substitut aux compromis prédateurs qui fondent la cohésion sociale depuis l'indépendance. Un tel projet, pour être viable doit s'appuyer sur autre chose qu’une nouvelle redistribution de la rente pétrolière visant à satisfaire la demande sociale :il doit réaliser  la mobilisation démocratique de l'ensemble de la société dans la production et la redistributionéquitable des richesses. Une mobilisation impensable dans le cadre de l'Etat actuel, hypercentralisé, clanique et parasitaire.

 

Car l'ouverture du champ politique qui s'annonce ne  sera pas un dîner de gala. Elle offrira, non seulement aux démocrates, mais également  à des acteurs aujourd'hui encore à l'affut, l'occasion d'avancer leurs prétentions. Croire que les dizaines de milliers  de terroristes armés,  repentis  ou non, et leurs alliés  ne vont pas peser dans l'échiquier politique, ou que l'enchevêtrement de féodalités locales au sein du FLN-RND disparaîtra spontanément, relève d'une naïveté politique  inadmissible.

 

Pour donner ses chances à l'Algérie, et contrairement à leur comportement irresponsable après octobre 1988, quand les ambitions personnelles et de chapelles avaient obscurci l'horizon politique, les patriotes algériens acquis à l'idéal démocratique doivent se mettre, ensemble, en ordre de bataille. Leur  mission historique est de redonner vie à la promesse du 1er novembre 1954. Disons le clairement : ce qu'a fait la génération de novembre nous engage; encore aujourd'hui, il s'agit d'édifier une Algérie démocratique et sociale respectueuse des valeurs actualisées de l'islam.Dépassantles ambitions personnelles et  les visions d'appareils, tous ceux qui se reconnaissent dans les valeurs modernes démocratiques et sociales du mouvement national doivent se constituer en pôle autonome dont la vocation est de rassembler la famille qui avance. Toute la famille, dans le respect de l’autonomie de chacun. Il y va de l'avenir de l'Algérie.

 

Forts de leur union, de leur enracinement social et historique, les démocrates algériens seront à l'aise pour proposer un SMIG démocratique aux autres forces politiques : liberté de conscience et d'opinion, élections au suffrage universel, refus de la violence et respect de la loi.

Un nouveau compromis national est donc à l’ordre du jour, l'armée algérienne pourrait en garantir l'effectivité.  Tout comme  les  autres armées du monde, l'ANP est avant tout soucieuse de la pérennité de la nation.  Cette exigence l'a conduite un temps, longtemps, à soutenir un régime miné par le clientélisme et la corruption.  Aujourd'hui, les  démocrates ont tout intérêt à lui proposer une nouvelle façon, durable, de réaliser la pérennité de la nation.

 

Ramdane HAKEM

 

 

 

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 11:48

Chawki Salhi, porte-parole du Parti Socialiste des Travailleurs a accordé une interview au journal Algérie News du 6 mars 2011. Ce vétéran du militantisme trostkyste donne son appréciation sur les mutations politiques en Tunisie et pointe la sous estimation de la question sociale par la CNCD en Algérie. Il affirme aussi la nécessité d'un grand pôle politique de gauche pour relever les défis d'aujourd'hui et de demain.

 

Algérie News : Vous revenez de Tunisie où vous aviez assisté au triomphe de la révolution du jasmin; quel diagnostic faites-vous de cette expérience unique, qui a constitué le détonateur d’autres soulèvements populaires ?

Chawki Salhi : Le modèle libéral benaliste tant vanté par nos élites politiques et tant choyé par les grandes puissances capitalistes a explosé. L’ordre autoritaire institué avec le programme d’ajustement structurel de 1985 est tombé sous les coups de ses victimes. Le premier acquis, immense, est ce sentiment de fierté, cette dignité retrouvée qui change le rapport de forces dans la société et permettra une insolence de ceux d’en bas. La société bouillonne, les gens discutent partout, des marches, des protestations sociales, une effervescence sur Internet, la vie associative se reconstruit. A Tunis, personne ne parle de jasmin. La préoccupation centrale : démanteler le système despotique. Autour, on parle de fiche de paie, de titularisation, de chômage massif des jeunes diplômés, de régions désertifiées, et du rôle des structures de l’UGTT qui ont vertébré la révolte, l’auto-organisation populaire, toutes choses occultées par la propagande impérialiste. Mais la révolution tunisienne est en mal de perspectives. Dégager Ben Ali et les symboles de son régime ne suffira pas pour sortir de la dépendance et bannir la précarité sociale ainsi que l’autoritarisme politique qui va avec. Des décennies de glacis benaliste ont empêché que se constituent des représentations politiques, que se dessinent des alternatives. La révolution tunisienne commence à peine.

 

Les « révolutionnaires » en Tunisie craignent-ils à ce que l’Algérie perçoive mal le changement ? Est-ce que vous aviez relevé cette crainte auprès des Tunisiens ?

Avant la chute de Ben Ali, on attendait la solidarité du peuple algérien. Ensuite, les luttes massives provoquées dans la région par le 14 janvier ont conforté la fierté des Tunisiens.

 

Pour certains, la manière et surtout la célérité avec laquelle se sont opérés les changements en Tunisie et en Égypte, et éventuellement en Libye, laisseraient entrevoir un agenda préétabli de la part des grandes puissances dans le cadre de la mise en place du projet du Grand Moyen- Orient. Qu’en dites-vous et croyez-vous à la théorie du complot ?

Ce sont les masses qui font l’histoire et non les complots. Les USA, L’UE, Israël ont soutenu Ben Ali et Moubarak jusqu’à la dernière minute. L’Égypte est un pays central dans le dispositif US de domination du monde. La rapidité de l’effondrement de ces dictatures libérales à leur service les a pris de court. La contagion et la perspective d’autres déstabilisations les inquiètent. Le complot consiste à parler d’une révolution du thé à la menthe pour dissimuler que ce sont leurs alliés qui sont contestés par les peuples. Le complot consiste à agir pour que rien ne change, afin d’assurer la continuité de la soumission à l’ordre impérialiste, la pérennité de l’ordre social injuste.

 

L’avènement d’une nouvelle société civile dans ces pays n’annonce-t-elle pas la mort du nationalisme arabe, longtemps brandi par les dictateurs déchus pour se maintenir au pouvoir ? Ne risque-t-on pas de se retrouver face à des États dociles et compromis avec les forces étrangères qui s’affichent ouvertement, allant jusqu’à proposer leurs services aux insurgés ?

Il y a longtemps que ces régimes alliés d’Israël, ne sont plus ni nationalistes arabes, ni nationalistes égyptiens ou tunisiens. Les grandes puissances s’efforcent effectivement, de nous vendre des remplaçants encore plus soumis comme Baradei, comme les lieutenants de Ben Ali ou les courants libéraux algériens. Il s’agit de garantir que le système en place soit la continuité du précédent.

L’Algérie n’a pas été en reste de la nouvelle dynamique, à une seule différence que le changement escompté par certaines organisations et partis politiques n’arrive pas à prendre forme. En quoi d’après vous, l’Algérie diffère-telle de la Tunisie et de l’Égypte ?

L’insurrection populaire en Tunisie a surpris une Algérie émeutière, dans une phase de contestation générale de Bouteflika. L’explosion du 5 janvier a vite déçu et provoqué un repli attentiste sur le plan politique, qu’on aurait tort d’identifier à un soutien à Bouteflika. Simplement, après avoir appelé à enlever Mesmar Djeha en 1991 et subi les horreurs qui ont suivi, les masses populaires ne peuvent se contenter de dire «dégage» ! Elles veulent préciser l’alternative pour laquelle elles mettraient à bas l’ordre libéral autoritaire actuel. Mais l’impact tunisien est réel. L’absence temporaire de contestation politique du régime, n’empêche pas une radicalité sociale impressionnante, le sentiment largement partagé d’une urgence à remettre en cause la précarité sociale et à contester l’arbitraire quotidien. Les Algériens sont très attentifs et prêts à se mettre en mouvement si les perspectives politiques se précisent. C’est ce qui panique Bouteflika, qui multiplie les gadgets. Les grèves générales massives des paramédicaux, des communaux, des profs, les révoltes des chômeurs, les luttes des précarisés, la mobilisation des étudiants, le réveil ouvrier, tout cela me semble plus important que la tentative ultra-médiatisée d’offrir une direction libérale à la protestation populaire. Cette manœuvre dérisoire me fait penser à une coordination semblable qui tenta de cornaquer le mouvement populaire de 2001, avant que le reflux du mouvement ne facilite la folklorisation autour d’une prétendue coordination des tribus anachronique et impuissante.

 

Ne pensez-vous pas que l’avantage en Algérie, c’est la présence de syndicats autonomes, de partis politiques ? En somme, une société structurée, mais qui n’arrive pas à retrouver ses repères ?

Chaque pays a ses spécificités. La révolte d’Octobre 88 nous a donné des libertés en cours d’étouffement, un pluralisme politique et une presse privée impertinente. Vingt ans après, c’est le désenchantement. Tous les partis ont perdu leur crédibilité. L’engagement politique et même syndical est suspect d’arrivisme social ! Les secteurs combatifs de l’UGTA et les syndicats autonomes représentatifs, n’interviennent pas dans la contestation politique, pas plus que les directions spontanées qui naissent à l’université où chez les jeunes. Le renversement de Ben Ali et Moubarak met au premier plan l’armée. On a connu ça en 1992. Les peuples égyptiens et tunisiens vont devoir inventer la suite. Nous aussi !

 

Des initiatives ont vu le jour depuis le 12 février, avec la création de la CNCD et de l’ANC. Il y a également, des collectifs estudiantins, qui se sont constitués, au point d’évincer les syndicats traditionnels. Peut-on arriver à un changement pacifique par des actions coordonnées entre les acteurs de la société civile ?

Il y a eu aussi plusieurs initiatives de gauche que la presse n’a pas daigné relayer. Si la CNCD s’était construite comme coordination démocratique ponctuelle pour les libertés, pour l’ouverture médiatique, nous aurions convergé avec elle. Et ce sera toujours possible. Elle s’est constituée comme alternative politique, comme coalition pour le changement de régime, tout comme l’ANC. Avec en plus, une rigidité et un parfum de parti unique si courant dans notre pays. Nous ne sommes plus en 88. L’Algérie a vécu diverses expériences et elle porte un jugement sévère sur les divers acteurs qui se sont succédé sur la scène politique au pouvoir comme dans l’opposition. Bien sûr, l’action pacifique a ses limites. Mais on n’en est pas là. Cette coalition n’était simplement pas représentative des préoccupations du peuple. Son écho médiatique national et international surdimensionné souligne aujourd’hui, cruellement, sa petitesse et son inconséquence.

 

Pourquoi ces initiatives ont-elles toutes échoué ? Pourrait-on justifier cet échec par le simple déploiement des forces de sécurité ?

Le déploiement policier empêche-t-il les étudiants de marquer des points, les chômeurs d’occuper les APC, de couper les routes, a-t-il empêché les centaines de milliers de Tunisiens et d’Égyptiens de chasser leur dictateur ?

 

Comment percevez-vous la présence au sein des nouvelles initiatives pour le «changement» d’anciens ministres et personnalités ayant servi au sein des gouvernements successifs ?

Le gouvernement Benbitour et ses deux ministres RCD a commis le programme de gouvernement le plus libéral de notre histoire. C’était l’époque où Bouteflika voulait tout vendre. D’autres anciens Premiers ministres viennent en propriétaires de l’opposition. Et même ceux qui n’ont jamais gouverné, faut-il les appuyer sans prendre en compte leur programme, qui est fait de surenchère libérale et d’appels aux puissances civilisées ?

 

Dernier mot ?

Voici venu le temps de la décantation politique ! À Tunis, au Caire ou à Alger, on ne pourra pas se suffire de dire «dégage», «barra». Il faut définir plus précisément le chemin vers un ordre social et politique qui bannisse l’oppression, l’exploitation et la tutelle impérialiste. Les islamistes, les libéraux démocrates ont montré leurs limites, il faut agir pour un pôle de gauche dans notre société.

 

Entretien réalisé par Arezki Louni

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 13:35

A tous les amis et camarades

 

Nous sommes un certain nombre de militants et d’anciens militants de gauche, à avoir pris l’initiative de nous rencontrer pour échanger nos avis et nos préoccupations sur la situation politique économique  et sociale  en Algérie et dans les pays arabes. Suite à ces échanges vifs et fructueux, nous faisons la déclaration suivante :

 

Algériens attachés aux idéaux de démocratie et de justice sociale, nous affirmons notre volonté d’agir en commun et d’inscrire cette action à la fois :

  • Comme contribution aux luttes pour faire triompher la démocratie politique et sociale en Algérie.
  • Comme démarche visant à mieux comprendre ce qui se passe dans notre pays, en Afrique du Nord, dans le monde arabe, et au-delà, dans ce qui est  désigné par le terme de «mondialisation ».

Dans ce cadre, nous considérons que le rassemblement de la gauche algérienne démocratique et sociale est impératif. C’est pourquoi, sans suspendre les échanges pour confectionner un texte et un programme de travail plus complets, nous pensons que les considérations suivantes sont acquises et suffisantes pour travailler ensemble.


1.    Nous nous donnons pour nom « Collectif des Algériens Progressistes de France ».


2.    Nous  choisissons d’agir comme collectif progressiste participant pleinement aux luttes pour une Algérie républicaine, démocratique et sociale.

 
3.    Nous sommes convaincus qu’en agissant ensemble nous consoliderons nos accords et surmonterons nos différences, en éclairant et précisant  les avis des uns et des autres.


4.    Notre collectif, reflet à la fois de notre unité et de notre pluralité, va initier des actions mobilisatrices pour soutenir les luttes au pays et des débats ouverts  pour  en comprendre les enjeux aux plans national et international. Notre forum, qui n’a pas vocation à se transformer en parti politique, a pour ambition de s’ouvrir à l’ensemble des forces sociales et politiques partageant ses objectifs.

 
5.    Notre ligne de conduite sera de toujours œuvrer au rassemblement de toutes les forces politiques, sociales et culturelles qui partagent notre finalité,  par l’édification d’un large front démocratique, patriotique et de progrès social.

 

6.    Notre éthique est fondée sur la défense des intérêts historiques des travailleurs, la reconnaissance du caractère créatif, précieux, de la différence d’opinion, et l’impératif du rassemblement le plus large, pour une Algérie indépendante, démocratique et de progrès social.


7.    Résidents en France, nous considérons comme nécessaire la jonction de nos efforts avec ceux de nos compatriotes au pays qui partagent notre idéal. Nous nous attellerons en particulier à leur apporter notre soutien fraternel et à populariser leurs  luttes et espoirs au sein de notre communauté à l’étranger, auprès des forces démocratiques et progressistes, et de l’opinion publique française.


8.    Nous réaffirmons nos choix et nos principes sur les questions majeures suivantes :

a.    Condamnation du système rentier et parasitaire qui domine l’Algérie ;

b.    Lutte pour une société fondée sur le travail, les libertés individuelles et collectives, l’insertion et le progrès social pour tous.

c.    Condamnation systématique du recours à la violence pour se maintenir au pouvoir ou y accéder.

d.  Condamnation de l’intégrisme islamique comme régime politique susceptible de perpétuer le despotisme, et de tout projet politique qui ne soit pas explicitement fondé sur la reconnaissance des libertés individuelles et collectives.

e.   Pour l’égalité en droit des hommes et des femmes.

f.    Pour l’égalité de statut des langues nationales.

g.   Pour la liberté de conscience, d’expression et d’organisation.

h.   Pour la séparation du religieux et du politique.

i.    Pour une politique de progrès et de justice sociale.

j.   Pour la solidarité avec les peuples du Sud et la condamnation de l’impérialisme sous toutes ses formes.

 

Nous invitons les amis et camarades destinataires de cette déclaration, à nous faire part de leurs opinions, et de leurs appréciations sur notre  initiative. En particulier, les personnes qui le souhaitent peuvent y adhérer en envoyant un message à l’adresse mail de notre collectif :

 

djazairalgerie@yahoo.fr

 

 

 

Premiers signataires




SIGNATURE







Achour Rachid



Oui


Aïche   Sif 



Oui


Akil      Nacer



Oui


Badaoui Kamel



Oui




Oui


Ben Abdelmoumène Réda



Oui

Bendris  Ali



?


Guenifi Malek



Oui


Hakem Ramdane 



?


Hessas  Khadra



Oui


Lounis  Mohammed



Oui


Mansouri Farouk



Oui


Razik Yazid



Oui


Sahraoui Mohamed



Oui


Tagzout  Mourad



Oui


Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article
22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 13:27

Cher camarade,

 

La situation est en train de se corser et nous avons besoin du soutien le plus large, en informations, en mobilisation de l’opinion internationale, et en moyens.

1 – à Mostaganem, une chômeuse, DALILA TOUAT; magistère en physique, a té arrêtée pour avoir distribué des tracts appelant à un sit in à Alger de la coordination nationale des chômeurs.

Elle-même, elle est membre active de cette organisation.

Elle a passé une nuit d’interrogatoire au commissariat de police avec toutes les intimidations et servitudes dont sont friands nos héros en uniformes.

Présentée devant le procureur, le chef d’accusation retenue à sa charge « attroupement non armé, distribution de tracts sans autorisation », elle risque une année de prison.

Son procès est fixé pour le 28 Avril 2011, si vous pouvez mobiliser des avocats, y compris à l’international se sera super.

La LADH assure sa défense, mais il faut sortir les grands moyens pour faire reculer ses endiablés de la destruction. Dans quel état, ils nous laissent le pays de tous nos rêves et nos espérances.

La solidarité est en train de s’organiser autour d’elle, nationale et internationale, et je voudrais que vous soyez dans la partie. Alertez tous nos camarades et nos proches, s’ils se sentent encore quelques fibres avec le pays. Je m’excuse pour ce ton direct et sans nuances. Les tergiversations ne nous mènent qu’à la débâcle.

 

Le 23 Avril, nous organisons à Mostaganem, un meeting de solidarité avec elle et en même temps la création et l’installation de la coordination nationale pour le changement et la démocratie, à l’instar d’Alger et d’Oran.

Les autorités au plus haut niveau, viennent de nous refuser la salle, mais nous le tiendrons quand même. Iln’est plus permis de reculer devant les ukases d’un système mafieux et discrédité.

2- Depuis le 19 Avril 2011, nous sommes sans nouvelles de notre camarade Ahmed KEROUMI d’Oran ; il a disparu à 12h30, il avait un rendez- vous avec un enseignant, depuis, on est sans nouvelles. Keroumi est la cheville ouvrière de la lutte pour la démocratie et le changement à Oran.

Alertez la presse et l’opinion internationale, que la pression s’intensifie au plus vite sur le pouvoir et les cercles occultes pour qu’ils le libèrent.

Le wali, semble-t-il, il n’a aucune information, de même que les services de sécurité et les hôpitaux de la ville d’Oran.

Son portable sonnait jusqu’à 10 heures(mercredi), puis il s’est éteint ?!

3- neuf chômeurs de la ville de Skikda sont menacés par les services de sécurité de l’application du code pénal « incitation à un attroupement non armé illégal », ils sont passibles d’une année de prison- même cas que pour DALILA TOUAT.

Ils viennent d’entamer aujourd’hui une grève de la faim devant le siège de la wilaya de Skikda. Un des grévistes est asthmatique et un autre diabétique.

4- à Ouargla deux chômeurs, pour tentative d’immolation par le feu devant le commissariat de police, sont en détention provisoire depuis Presque 2 mois. Ils sont accusés d’acte terroriste ! ?

5- Le porte parole des chômeurs de Ouargla (TAHAR BEL ABBES) qui lutte depuis plus se 2 ans est en attente de 3 procès.

Si nous n’agissons pas au plus vite les disparitions risquent de s’étendre et la pression sur nos jeunes en pointe de la lutte pour la dignité, la démocratie, la justice sociale et le changement démocratique pacifique ira en s’intensifiant. A vous d’agir de l’étranger vous avez plus de latitude que nous -c’est ce que nous attendons de vous et de nos amis démocrates.

 

Merci d’avance pour toute votre solidarité

Repost 0
Algérie en Questions - dans Algérie en projet
commenter cet article